Le Songe d’une Nuit d’Été

2003 – 2004

d’après William Shakespeare, avec une musique de scène de Henry Purcell issue du Fairy Queen

Les œuvres

Créé en 1594, Le Songe d’une nuit d’été compte parmi les comédies les plus lyriques de Shakespeare. La qualité principale de l’œuvre est l’audace. Le titre, du reste, excuse les anachronismes et les absurdités, car en rêvant, nul n’est tenu de respecter ni la logique, ni l’histoire. Face à la rigidité du royaume d’Athènes, la magie et l’enchantement du royaume des fées règnent en maîtres, donnant à la pièce un caractère fantastique, voire irréel .

Créé en 1689, The Fairy Queen appartient au genre du semi-opéra, ou opéra dramatique. Ces pièces à grand spectacle accompagnées d’une généreuse quantité de musique et de danse, furent extrêmement populaires. The Fairy Queen fut supérieure en ornements aux précédentes œuvres dramatiques du compositeur, « particulièrement en matière de costumes, décors, machines et embellissements ».

La superposition de ces deux œuvres majeures renforce les dimensions oniriques et emphatiques de l’intrigue par une profusion de danses, chants et pièces musicales qui s’ajoutent au texte poétique de Shakespeare. Le spectacle est présenté dans une nouvelle traduction réalisée par Kate McNaughton.

Les partis pris de mise en scène

Le spectacle se veut un spectacle global qui se conçoit en interaction avec toutes les parties du projet (mise en scène, décors, costumes, musique, danse, etc.). Le style de théâtre est un théâtre moderne jouant sur le geste et le corps des acteurs. Enfin, La plupart des personnages sont masqués.

Les décors

Les décors sont évolutifs, personnifiant l’ensemble des lieux décrits dans les didascalies de Shakespeare. Ils sont à la fois constitués de supports fixes et mobiles, procurant à la pièce une dimension onirique. Afin de bien marquer la différence entre les deux mondes, celui des humains se déroule au sol, celui de la forêt en hauteur, au-dessus de l’autre monde. La lumière permet de traduire l’atmosphère générale de la pièce.

Les costumes

L’objectif principal de notre mise en scène est de montrer qu’il s’agit d’une comédie fantastique et pas d’une comédie réaliste. Tout est donc permis, tout est à construire en dehors des références habituelles et réalistes ; nous sommes entre le rêve et la réalité. L’un des premiers partis pris est de faire jouer les comédiens avec des demi-masques et des costumes imposants, favorisant le geste en tant que forme pure du jeu de scène et accentuant la dimension irréelle, fantastique et mécanique des personnages. Le choix a également été fait de marquer une franche opposition entre le monde réel et le monde irréel.